Les artistes du Marché
Le Marché est fier de présenter sa sélection officielle pour 2026 : une cohorte de 19 artistes représentant 14 projets exceptionnels issus du Québec et du Canada.
Triés sur le volet par l’équipe curatoriale de MUTEK, les artistes et les projets artistiques sélectionnés repoussent les limites de la création numérique et de la musique électronique. C’est avec fierté et grand plaisir que nous vous présentons notre cohorte 2026 dans les pages suivantes.
Nous tenons à remercier sincèrement tous nos partenaires, dont le soutien immuable et la flexibilité ont rendu possible cette septième édition du Marché MUTEK.
Les artistes du Marché MUTEK 2026
Après Minuit
Après Minuit est un studio de création numérique par Charlie Leroy (il) et Sébastien Samyn (il). Le studio a été fondé en 2023. Spécialisé dans les installations immersives et interactives ainsi que la conception d’expériences visuelles, le studio collabore régulièrement avec des artistes, des institutions et des événements pour produire des œuvres qui mêlent art et technologie. Leurs créations, souvent présentées dans des espaces publics, lors de festivals ou dans le cadre d’installations temporaires, invitent le public à explorer de nouveaux univers visuels et sensoriels.
Crédit photo : Frankie Ray O’Sullivan
ArtSaves
Basé entre Vancouver et Téhéran, ArtSaves est reconnu pour ses paysages sonores obscurs et expérimentaux mêlant ambient, noise et musiques de danse. Son parcours débute dans sa ville natale de Téhéran en 2012, où il commence à se produire lors de rassemblements underground, dans un contexte marqué par l’interdiction des clubs nocturnes. Nourri par son héritage iranien, il travaille à partir de synthétiseurs analogiques et d’échantillonneurs pour explorer des thèmes liés à l’identité, à l’authenticité et à l’appartenance. Sa musique évolue librement entre rythmes sombres et délicats et séquences plus intenses destinées au dancefloor. En constante transformation, son approche résiste aux catégories fixes tout en conservant une signature sonore immédiatement reconnaissable. Il collabore régulièrement avec des artistes et des communautés locales, amplifiant les voix de la diaspora iranienne à travers son label, Kopi.
Crédit photo : Maxime Cyr-Morton
chiquitamagic
Entre Toronto et Los Angeles, la productrice et artiste chiquitamagic conçoit une musique électronique expérimentale guidée par le mouvement, l’émotion et un sens ludique de l’identité. Travaillant avec des boîtes à rythmes et des synthétiseurs, elle brouille les frontières entre l’énergie de la piste de danse et la composition exploratoire, créant des liens entre drone, drum and bass, jazz et jungle. Son langage musical prend forme à travers ses expériences vécues, notamment les années passées à chanter dans des chorales lorsqu’elle était enfant. Des harmonies complexes et des couches vocales superposées se déploient dans ses œuvres, chaque pièce devenant une invitation à bouger, à ressentir et à incarner la curiosité et l’ouverture d’esprit. Son dernier album autoproduit, Matriarch, retrace l’arc monumental de la grossesse et de la naissance, dérivant à travers des univers proches de l’ambient où vulnérabilité et force coexistent.
Crédit photo : Claire Harvie
Cleo Leigh
Figure montante de la scène underground canadienne, Cleo Leigh sculpte des performances live à base de synthétiseurs modulaires et de machines, mêlant énergie brute et textures minimales.
Active depuis 2018 dans la vie nocturne de St. John’s, elle cofonde les clubs LAVI SEKS et STÄMPT, ainsi que la série d’événements Selenium, des projets moteurs dans l’essor d’une scène électronique locale effervescente. Son langage musical, nourri d’expérimentations analogiques et d’un goût pour les textures minimales, puise autant dans l’énergie brute de la piste de danse que dans la subtilité des nappes sonores
Crédit photo : Maïka Hearson
ebb
Formé par les musiciennes montréalaises Nela Paki (laced) et Marilou Lyonnais Archambault, ebb façonne des compositions lentes et immersives à la croisée du new age, du downtempo, du trip-hop et de la musique électronique expérimentale. Issu de leur précédent projet Saudade, le duo a progressivement déplacé sa pratique vers un espace sonore où basses profondes, fragments d’instruments acoustiques et nappes drones spectrales se rencontrent. À travers des pièces sonores immersives, elles invitent le public à traverser des paysages émotionnels marqués par une tension méditative. Le duo a partagé la scène avec des artistes tels qu’Oliver Coates, Roedelius et Nadah El Shazly, et s’est produit dans des festivals comme MUTEK, Suoni Per Il Popolo, Piknic Électronik et 24 Hours of Vinyl. Il anime également une émission mensuelle sur la radio n10.as, consacrée à l’exploration des confins des sons brumeux et atmosphériques.
Florence Delphine-Roux
Originaire de Québec et désormais installée à Montréal, Florence-Delphine Roux développe une pratique multidisciplinaire qui fait le pont entre les arts visuels et sonores, la science et la technologie, avec un intérêt marqué pour le médium radiophonique. Diplômée de l’École nationale supérieure des beaux-arts de la Villa Arson à Nice, elle crée des expériences sensibles à travers l’écoute, en puisant dans de nombreuses prises de son sur le terrain, souvent réalisées en extérieur. Elle manipule des textures invisibles à l’œil nu, telles que les champs électromagnétiques, introduisant de subtiles perturbations dans le réel qui se déploient comme des expériences sonores cinématographiques où les récits émergent uniquement par le son. À travers cette approche plurielle, elle invite à reconsidérer notre rapport à l’écoute, ouvrant vers des réalités alternatives où percevoir devient un acte actif.
Crédit photo : Frankie Ray O’Sullivan
Honeydrip
Figure incontournable de la scène montréalaise, Honeydrip s’est forgé une réputation au sein de la scène underground locale. Aujourd’hui productrice de bass music, DJ et conceptrice de de sound systems reconnue, elle fusionne des genres tels que le dub, le reggae et le dancehall pour créer un univers sonore singulier, centré sur les basses fréquences. En 2023, elle a présenté en première son premier spectacle audio-visuel, Psychotropical, à MUTEK, une œuvre qui a depuis tourné à l’international. Cette année, elle revient avec v i b r a t i o n, une performance qui honore les infrabasses comme une expérience incarnée, où le son et les images émergent du mouvement et de la résonance vocale interne grâce à l’utilisation de microphones piézoélectriques, de capteurs électroniques et d’un système interactif conçu sur mesure. Avec des sorties sur des labels tels que Woozy et Banoffee Pies Records, Honeydrip continue d’approfondir son lien avec la musique électronique et la culture du sound system
Crédit photo : Frankie Ray O’Sullivan
MOORE + SALAS
MOORE + SALAS est le fruit d’une collaboration audiovisuelle entre Allison Moore, artiste spécialisée dans les nouveaux médias et basée à Montréal, et Isabella Salas, artiste interdisciplinaire active au Mexique et au Canada. Travaillant principalement dans le champ du cinéma immersif, les projets récents d’Allison Moore s’inspirent des récits narratifs dans les arts numériques, ainsi que du vidéo mapping appliqué aux paysages et à l’architecture. À travers des œuvres en dôme, des interventions in situ dans l’espace public et des performances, elle réinterprète et reconstruit le monde comme un paysage métaphorique où des êtres sensibles évoluent en synergie avec leur macrocosme allégorique. Salas, guidée par une éthique du soin, envisage la technologie et la collaboration comme des processus relationnels façonnés par l’attention, l’éthique et l’imagination collective. À travers des installations vidéo, des performances immersives en dôme et des œuvres biométriques, elle explore la manière dont systèmes génératifs et signaux écologiques peuvent converger dans des espaces perceptifs partagés, capables de rester sensibles aux systèmes vivants.
Crédit photo : Frankie Ray O’Sullivan
Myriam Bleau
Myriam Bleau est une compositrice, artiste numérique et performeuse basée à Montréal. Utilisant la musique et le son comme point de départ, elle crée des performances de musique électronique gestuelle, des interfaces audiovisuelles, des installations et des dispositifs interactifs qui articulent son, lumière, mouvement et symboles. Son travail étudie la performance, à la fois comme une manifestation culturelle codifiée et comme une (re)mise en œuvre incarnée de systèmes symboliques par des agences humaines et non humaines. Il a été reconnu et présenté à un niveau international, dans des festivals tels que le Prix Ars Electronica (AT), Sónar (ES, HK), MUTEK (MX, CA, AR, JP), ISEA (CA, KR), Transmediale (DE) et Todays’ Art (NL).
Crédit photo : Agustina Isidori
Nelly-Eve Rajotte
Artiste visuelle et médiatique, Nelly-Eve Rajotte développe une pratique ancrée dans l’installation immersive et la performance, interrogeant les conditions contemporaines de l’expérience perceptive. À travers l’image en mouvement et le son, ses projets mobilisent des technologies telles que le LiDAR, les biocapteurs, l’intelligence artificielle et la robotique. Elle explore les relations sensibles entre la technologie, le corps et l’environnement, proposant des dispositifs immersifs qui déplacent les perspectives anthropocentriques au profit d’altérités perceptives et de points de vue non humains. Son travail a été présenté dans de nombreux contextes institutionnels et curatoriaux au Québec et à l’international, notamment au Musée d’art contemporain de Montréal, au Musée d’art de Joliette, à Contemporary Calgary, à Emerson Contemporary aux États-Unis, et bien d’autres encore
Crédit photo : Justine Latour
Pick a Piper
Pick a Piper, duo composé de Brad Weber (il), batteur de longue date de Caribou, et de l’autrice-compositrice-interprète Sophia Alexandra (elle), associe voix accrocheuses et éthérées, synthétiseurs chaleureux et percussions entraînantes dans des productions à la fois envoûtantes et profondément humaines. Hypnotiques autant que dansantes, leurs performances vibrent d’une énergie physique et s’accompagnent de visuels immersifs qui créent une expérience collective en quête de libération, débordant d’élan. Leur plus récent album, Dandelion, explore la manière dont nous habitons les espaces entre des émotions contradictoires, en utilisant rythmes bondissants, kicks chargés en basses, sub graves généreuses, percussions hyperactives et synthétiseurs flottants, le tout dans une ambiance soigneusement orchestrée. Pick a Piper s’est produit à travers l’Europe, les États-Unis, le Canada, le Guatemala et la Colombie, partageant notamment l’affiche avec Bonobo, Gold Panda, Blue Hawaii, Do Make Say Think, Ghetto Kumbe, Rich Aucoin, Braids et Factory Floor.
Crédit photo : Claire Harvie
pliq
Basés à Montréal, le compositeur Alexandre Sasset-Blouin (il) et l’artiste audiovisuel Jean-Philippe Jullin (il) forment pliq, un projet expérimental mêlant son et image qui s’appuie sur des systèmes génératifs et en temps réel. À l’aide de dispositifs DIY mêlant technologies analogiques et numériques à partir de matériaux recyclés, les œuvres et installations de Sasset-Blouin explorent les transformations de sons acoustiques et synthétiques par la transduction, l’amplification et la rétroaction. Axé sur les systèmes interactifs et génératifs dans lesquels le son et l’image se modulent mutuellement en temps réel, le travail de Jullin combine performance, installation et recherche-création à travers l’utilisation de capteurs, de programmation et d’apprentissage machine. Ensemble, le duo explore les transitions entre les domaines physique, électronique et numérique, produisant des sons bruts et déformés ainsi que des visuels intenses qui interrogent les nuances de la perception
Crédit photo : Frankie Ray O’Sullivan
Quinn Hopkins
Quinn Hopkins (Ojibwé d’ascendance mixte et sans statut) est un artiste interdisciplinaire dont la pratique relie les expériences autochtones urbaines et les imaginaires numériques du futur. Influencé par des artistes du futurisme autochtone comme Cannupa Hanska Luger, Santiago X et Skawennati, il crée des installations immersives et des œuvres numériques qui explorent les récits ancestraux, l’innovation technologique et le renouveau culturel. Son travail invite à la collaboration et imagine des futurs autochtones porteurs d’autodétermination. À travers ses projets, il encourage l’engagement communautaire, la réciprocité avec le territoire et les liens profonds entre savoirs traditionnels et paysages numériques visionnaires. Ses œuvres ont été présentées dans plusieurs lieux à travers l’Île de la Tortue, notamment à Evergreen Brick Works et à la Thunder Bay Art Gallery.
Crédit photo : Claire Harvie
shn shn
L'artiste pop expérimentale canadienne shn shn mêle voix luxuriantes, rythmes downtempo et nappes expansives afin de créer des œuvres cinématographiques explorant les notions d’identité, de transformation et d’appartenance. Au fil de trois EP et de son premier album Serpent’s Skin, sorti en mars 2025, elle a affiné ses compétences en production et en composition, proposant des récits immersifs faits de textures en boucle et de rythmes méditatifs qui transportent doucement les auditeurs à travers des vagues d’émotions, de rêves et d’expériences vécues. En parallèle de son travail solo, shn shn compose également pour le cinéma, la danse et le théâtre. Parmi ses projets récents figurent la bande originale du prochain film d’horreur d’A24 undertone, la musique de la pièce de danse-théâtre Kiss the Stormy Sky, présentée à travers le Canada, ainsi que la coécriture de Golden d’Andrea Romolo, diffusé lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques 2024 sur CBC
Crédit photo : Claire Harvie